MISSION HUMANITAIRE DAKAR (CARNET DE VOYAGE)

CHAPITRE 1. Départ et arrivée

Après mon expatriation académique à Trois-Rivières (Canada) de Janvier à Mai 2017 et une courte pause en famille, il était temps de repartir pour de nouvelles aventures.
Je me suis dirigé vers Paris Orly avec ma maman pour avoir mon vol de 17h10, il fallait donc y être pour 15h30 par là. Nous sommes arrivés difficilement vers 15h00 et avons juste eu le temps d’enregistrer mes bagages, ensuite l’embarquement était immédiat, ce que je n’ai pas du tout apprécié car je voulais passer du temps avec elle.
Après une brève cigarette et avoir retiré de l’argent, nous nous sommes positionnés devant la porte qui devait mener à la douane. Les embrassades furent déchirantes et la file pour arriver à la sécurité encore pire. 

La file était interminable et après avoir passé le contrôle de sécurité, c’était encore pire et à priori c’était parce qu’il n’y avait pas assez de policiers. Mais un homme signala que les passeports biométriques pouvaient passer en prioritaires. 

Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd et j’ai ainsi doublé près de 300 personnes, facilement. L’avion est finalement parti à 19h, donc avec un retard de deux bonnes heures.
Le vol se passe, j’ai trois sièges rien que pour moi et je lis « le petit prince » qu’une amie m’a prêté, je regarde « Pan » et m’endors 20 minutes. L’avion se pose, il fait chaud mais la douane se passe facilement et je récupère vite mon bagage. 

Je cherche la pancarte « Toussaint pour Waranka » car Malik un enseignant de l’école est venu me récupérer. De là, nous prenons un taxi pour rejoindre le quartier de Pikine. Nous mettons 1h30 car il y a du trafic. Ce qui était marrant, c’est qu’il y avait des conducteurs partout qui ressemblaient à des parisiens. Par exemple, une voiture qui s’arrête dans un rond-point pour changer de conducteur, les priorités n’existent pas …

J’arrive finalement dans le quartier « populaire » mais disons le simplement, c’est un bidonville. On me montre rapidement ma chambre et tout le monde s’en va. Je m’installe gentiment dans le lit avec la moustiquaire et le tour est joué.

CHAPITRE 2. Visite du quartier

Je me réveille à 5h du matin car la gentille mosquée du coin appelle à la prière, pas de soucis je suis rodé là-dessus et me rendors directement mais allons savoir pourquoi depuis Toronto, je suis réglé comme une horloge et me lève à 7h. Même si je paye énormément en attendant d’avoir un nouveau forfait, j’envoie des SMS à ma mère qui se trouve pour son dernier jour en France Métropolitaine.
Je me regarde une partie de « Hôtel Rwanda » et fini par me préparer. Douche et toilettes l’une à côté de l’autre, la première est froide et la seconde fuit comme le lavabo. Je sors mes affaires et m’installe religieusement, tout en continuant à texter (oui le SMS à 0,37 va faire mal). Je fini par me balader dans l’école qui tombe relativement en ruine. Je prends des photos, j’observe le quartier et Malik ainsi que le Directeur de l’école finissent par arriver pour m’apporter le petit déjeuner.

On peut dire qu’ils savent faire du recyclage pour construire des murs. 

On m’explique que Massamba, la personne qui reste mon contact depuis décembre, ne viendra pas de suite. Je passe donc la matinée et le début d’après midi avec Malik, qui me raconte sa vie, me montre le quartier, sa maison, sa famille … On finit par arriver chez une des professeurs qu nous montre un studio local juste à côté de chez elle. Il s’agit d’une radio qui parle de combat de lutte Sénégalaise.Et grande surprise, ils décident de m’interviewer, ce qui est une première pour moi.

Ils me demandent simplement de me présenter, savoir ce que je fais, d’où je viens, et ce que je prévois pour le Sénégal. Le tour du quartier continue, on me prête du scotch pour que je répare le lavabo et à 14h39, j’attends toujours Massamba. 

CHAPITRE 3. Opération téléphone

Aujourd’hui, il faut que je me bouge histoire d’avoir un forfait téléphonique. Le soir précédent j’avais vu avec Mass pour que le taxi vienne me prendre à l’école, comme il n’habite pas loin. Nous avons attendu 1h avec Malik mais rien n’est arrivé.

Nous partons donc pour le centre de Dakar avec Malik avec un autre taxi mais avant ça, il faut voir ses anciens élèves afin qu’il fasse un compte rendu. On marche beaucoup et aujourd’hui, il y a une grosse canicule. On finit par arriver chez la famille, ils vivent à l’étage d’une maison et loue le bas. La mère des enfants nous offre à boire, du MinuteMaid, grossière erreur, je ne boirais plus jamais de sucre là-bas. Nous partons avec le taxi, direction le centre et Malik insiste pour payer, en plus on passe par « l’autoroute », ce qui est plus cher de 500 FCFA. Il y a énormément d’embouteillages à Dakar Centre, surtout à l’entrée de la ville.

On nous dépose non loin d’une banque, la société générale sénégalaise de Dakar. Je retire donc ce qu’il me faut pour le mois, environs 100 000 FCFA, pour tout ce qui concerne les bouteilles d’eaux et autre. Ce qui est horrible lorsque l’on fait ça, c’est de se dire que la personne qui nous accompagne ne gagne même pas cette somme. On continue à se balader dans la ville à la recherche d’une boutique Orange. On ne peut pas qualifier la ville de belle car en général les bâtiments se construisent mais ne se finissent pas et tout est laissé ainsi jusqu’à ce qu’ils aient le financement pour la suite.

Après une heure de marche et de recherche, on finit par trouver ladite boutique. Il y a du monde et il faut attendre longtemps. Au bout d’un moment j’en ai marre et je me lève et c’est là qu’on me fait signe de venir à un bureau, j’ai doublé au moins 20 personnes.

Aujourd’hui, il faut que je me bouge histoire d’avoir un forfait téléphonique. Le soir précédent j’avais vu avec Mass pour que le taxi vienne me prendre à l’école, comme il n’habite pas loin. Nous avons attendu 1h avec Malik mais rien n’est arrivé.

Nous partons donc pour le centre de Dakar avec Malik avec un autre taxi mais avant ça, il faut voir ses anciens élèves afin qu’il fasse un compte rendu. On marche beaucoup et aujourd’hui, il y a une grosse canicule. On finit par arriver chez la famille, ils vivent à l’étage d’une maison et loue le bas. La mère des enfants nous offre à boire, du MinuteMaid, grossière erreur, je ne boirais plus jamais de sucre là-bas. Nous partons avec le taxi, direction le centre et Malik insiste pour payer, en plus on passe par « l’autoroute », ce qui est plus cher de 500 FCFA. Il y a énormément d’embouteillages à Dakar Centre, surtout à l’entrée de la ville.

On nous dépose non loin d’une banque, la société générale sénégalaise de Dakar. Je retire donc ce qu’il me faut pour le mois, environs 100 000 FCFA, pour tout ce qui concerne les bouteilles d’eaux et autre. Ce qui est horrible lorsque l’on fait ça, c’est de se dire que la personne qui nous accompagne ne gagne même pas cette somme. On continue à se balader dans la ville à la recherche d’une boutique Orange. On ne peut pas qualifier la ville de belle car en général les bâtiments se construisent mais ne se finissent pas et tout est laissé ainsi jusqu’à ce qu’ils aient le financement pour la suite.

Après une heure de marche et de recherche, on finit par trouver ladite boutique. Il y a du monde et il faut attendre longtemps. Au bout d’un moment j’en ai marre et je me lève et c’est là qu’on me fait signe de venir à un bureau, j’ai doublé au moins 20 personnes.

Je demande donc un forfait spécifique pour appeler à l’international et avoir internet, ce qui devrait me revenir à 30 euros. Mais elle me propose un forfait avec 1000 FCFA dessus + 1giga d’internet et quand ce dernier est consommé + 10giga. Vachement intéressant, donc je prends ça et on me dit que la carte est gratuite donc en somme, je ne paye rien du tout, génial !!! Pour le moment.

Sortis de là, il fait faim mais il faut encore visiter et je propose à Malik de me montrer l’université publique de Dakar (publique ne veut pas dire gratuite). Il me fait visiter, on mange même dans la cantine et on finit le reste de la visite avec son cousin qui étudie l’économie et la gestion. Qu’on ne s’attende pas à une superbe université, elle est comme le reste de la ville, pas finie mais avec un certain charme tout de même. Tout ceci étant passé, il est temps de rentrer. J’ai internet, donc je peux discuter avec les amis.

Bon la grosse surprise de la journée est quand je rentre car très vite la connexion internet me lâche… et je vais passer ainsi des heures à comprendre pourquoi l’offre proposée ne fonctionne pas. En fait, il faut le temps que ça se mette en place soit une semaine. Je ne peux pas attendre, j’en ai besoin donc j’y retournerai demain.
Entre temps, la maman de Jonathan m’appelle et m’explique qu’elle a prévenue des amis à elle pour que je ne sois pas trop seul non plus durant mon séjour, j’ai donc eu ensuite un médecin ami à elle au téléphone avec qui on a convenu un rendez-vous à l’ambassade pour le lendemain.
La soirée s’en suite d’un repas où Malik me regarde manger et où on finit chez Massamba pour boire le thé. Ce soir-là marquera la première fois où je rentre tout seul jusqu’à l’école, la nuit.

CHAPITRE 4. Ambassade et malaise

Réveil comme toujours à 7h du matin, je crois que mon cerveau me dit que je dois prendre mon traitement anti-paludisme à heure fixe ! J’avale deux cookies, regarde un épisode, me douche, me lave et on m’appelle pour manger. Vu que le matin, ils mangent des omelettes et que je ne peux pas, je demande juste du pain sec avec du thé, ça me suffit amplement.

Aujourd’hui remise des carnets de notes aux parents et ensuite Malik m’accompagne dans mon deuxième périple dans le centre-ville. On part à 9h45 précise et on met 3/4h à arriver.

L’ambassade, je me fais d’abord fouiller à l’entrée et je dois laisser mon couteau, car oui j’en ai un en permanence sur moi. Je rentre à l’accueil, mini file d’attente et on me dit que je dois faire une copie de mon passeport à la boutique orange au coin, je m’exécute pour 100 FCFA et reviens avec une file plus longue. Là un homme m’interpelle et m’explique qu’il veut se marier avec une femme d’ici et la ramener en France mais que les papiers c’est trop chiant, il me raconte sa vie et s’appelle Frédéric, je pense même lui donner trop de détail ce qui après ne me rassure pas. J’entre dans le consulat, on me donne un document à remplir sauf que les informations sont sur mon téléphone et qu’il est resté à l’accueil, j’y retourne en embarquant la feuille et l’a remplie sur place. Tout ceci étant fait en 35 minutes, je cherche le docteur, pas de docteur. Donc je l’appelle, pas de réponse. Je texte la mère de Jonathan et lui explique et il finit par me répondre.

Ensuite retour à la boutique Orange de Médina. Je retrouve la même femme et refait mon dépassement de place sans même prendre un ticket. Elle me dit que ça va prendre du temps et tout et tout … donc phoque, j’achèterai un peu de crédit téléphonique en passant.

Direction Alamadie, le quartier résidentiel de Dakar dans le nord-Ouest au-dessus de l’aéroport pour rejoindre le docteur. On prend un bus au bout de 20 minutes, on est relativement serré dedans et on met une heure et demi à arriver. En voulant sortir, je sens que ma poche pectorale où je mets mon téléphone s’ouvre, je regarde et me rend compte que le mec d’à côté veut me prendre mon téléphone, je n’aurai pas dù le sortir. J’attrape sa main et l’a lui serre (pète) gentiment et descend. Il faut aussi dire que des bastons arrivent régulièrement dans ces bus ce qui ralentit le bus …

On arrive au-rond point des Almadie et on attend le docteur qui vient nous chercher à pieds. Il nous emmène au Fana Hôtel, nous présente la dirigeante qui est une amie aussi de la maman de Jonathan et à un certain Colonel ayant servi sous tous les gouvernements depuis l’indépendance du Sénégal.

Ils nous invitent à rester et à manger avec eux. J’avoue ne pas savoir quoi trop leur dire et en plus, je me sens mal à l’aise d’emmener Malik dans des endroits comme ça. Ne vous dites pas « mais quel connard de penser ça », mais c’est parce que nous avons mangé un repas qui coûtait le prix de son loyer et quand on pense à ça, à sa famille qui est restée à Pikine et la tournure de la situation, je n’étais définitivement pas à l’aise.
Le repas se passe, tout le monde part et on se retrouve à parler des heures avec le colonel. Il nous parle du pays, me dit ce que je dois faire ou non, où je dois aller, nous parle de sa vie, des politiques africaines, … Il finit même par nous faire visiter l’hôtel, Malik prend plein de photos, ce que j’oublie de faire, et demande même une photo avec le Colonel.

En discutant avec lui plus tard, Malik me remercie car sinon il n’aurait jamais rencontré une personne comme lui et que c’est toujours utile d’avoir ce genre de personne dans nos contacts. A ce qu’il paraît, sa carte de visite peut nous sauver de plein de problèmes avec la police ou les militaires !
On passe par une boutique orange où j’achète pour 10 000 FCFA de crédit téléphonique et avec la promotion j’en ai 20 000. Je prends donc un pass internet volume à 7Giga et nous retournons à l’école. Nous sommes invités tous deux à revenir à l’hôtel et Malik à revenir quand il le souhaite.

Le gros point positif de cette journée est que nous avons appris que l’hôtel proposait d’accueillir les enfants pour une journée à la piscine privée de l’établissement avec un repas pour seulement 1500 FCFA, ce qui n’est relativement rien du tout. Donc sans perdre une seconde, nous nous sommes dit que c’était une idée à développer. L’autre point positif et très important est que je peux enfin communiquer et ça m’aide énormément lorsque ça ne va pas, car être seul ainsi dans ce genre d’endroit ce n’est pas simple, mais ça reste mon choix !

Point négatif, j’ai acheté 7Giga d’internet alors que je risque d’en recevoir 10, ce qui fait 17 … seulement pour le mois, et je ne pense pas tout dépenser…

CHAPITRE 5. Le lac rose

Aujourd’hui, réveil et préparation pour le Lac Rose. Nuit très compliquée, je n’ai pas arrêté de me réveiller, seul et avec la mosquée! Mais bon, je me lève tranquillement, me prépare, me douche et sors pour 7h30 comme prévu. Toutes les femmes sont déjà là à préparer le repas pour les enfants. 

Je monte tranquillement après un rapide salut pour fumer la cigarette du matin. En redescendant, Malik est là et je vais chercher mon pain du matin avec mon thé sans sucre! Tous les gamins commencent à arriver petit à petit, le premier bus arrive à 8h30, le deuxième à 10h30, ce qui nique légèrement mais avec un peu de verre pillé, le programme de la matinée!

On rentre les tapis, les marmites, les boissons dans le CarRapide (c’est un minibus de 30 places où l’on peut caser des objets sur les toits et qui doit avoir dans les 50 ans). Et c’est le départ! On traverse plein de petites villes et villages, et je peux vous dire que si vous avez peur de la conduite des parisiens, ici je pense que le code n’existe même pas !

Dakar

On finit par arriver sur le site touristique. Comme toujours, tout est poussiéreux, vous me direz que c’est normal, la moitié de ce pays est un désert! Le directeur de l’école négocie un terrain sous un arbre où sont rangés les quads et autres motos pour les touristes qui vivent derrières leurs grands murs dans les hôtels. Bon, on ne va pas les critiquer non plus, ils contribuent néanmoins à l’économie du pays. On installe tout ce qu’il faut et les enfants se positionnent et attendent gentiment en chansons et en jouant comme dans le bus. On parle, je suis sur mon téléphone comme tout le monde, j’observe. Et on finit par aller visiter le lac Rose (pas trop tôt, il ne s’est jamais écoulé qu’une heure). Là-bas, je suis blanc, donc tous les commerçants viennent me voir pour parler, mais je ne suis pas con, c’est pour vendre.

Dakar

 

 

Le Lac rose s’étend sur 5 kilomètres de long et 800 mètres de large. Il faut savoir qu’il n’est pas si profond et que le maximum est de 3 mètres. Néanmoins dans ces quelques mètres, la moitié est du sel et le reste de l’eau.

On extrait environs 70 000 tonnes de sel par année dans ce lac et on trouve en général 369 grammes de sel par litre d’eau, ce qui fait que ce point d’eau est plus dense que la mer rouge.

L’océan se trouve seulement à 900 mètres du Lac, il passe à travers les dunes en eau salée et ressort filtré en eau douce, ce qui fait que l’on trouve des points d’eaux douces partout, même en creusant quelques mètres sous nos pieds.

 

Je me rends compte après ces explications qu’il y a un guide. Il m’explique le tout en Français et en Wolof pour les enfants! Il finit par me demander si je peux acheter quelque chose à la coopérative du village (ça sent la grosse connerie mais pourquoi pas). Le directeur négocie un petit tour en barque pour les enfants, moyennant 100 Francs CFA par tête. Tous n’en ont pas et je mets la main à la patte avec les autres accompagnateurs. 

Le tour de certains étant fait, j’ai eu droit à d’autres explications puis l’on m’a emmené dans une boutique. Je prends quelque chose pour Malik et pour moi et puis le mec finit par me proposer autre chose quand mon compagnon s’en est allé. J’ai expérimenté mes talents de négociateurs en payant le plus 3000 mais en recevant 4 autres objets en « cadeau », bref c’était ma première négociation.

On retourne à notre campement de fortune pour servir le repas. Les enfants mangeront par groupe de 7 autour de grands plats et en mangeant avec les mains. Nous aurons des plats pour 4 mais avec des cuillères, même là les classes sociales sont décidées. Le repas terminé, temps calme et direction une promenade dans les dunes non loin de là. On passe devant des dromadaires et là, plus moyen de retenir les gamins, ils filent à toute allure dans tous les sens en rigolant et en criant, des enfants quoi ! Quelques photos et on rentre pour ramasser les affaires et ramasser les ordures, remonter dans le bus et en redescendre un peu plus loin pour qu’on nous explique (surtout aux enfants), tout ce qu’il faut savoir sur le Lac Rose.

Dernier retour dans le bus, j’ai mal au crâne, je m’endors à moitié sur le retour mais ma mini cervelle n’arrête pas de tourner pour autant et se pose des questions, me lance des réflexions sur la vie, ce que je vis ici, ce que je peux comparer avec les pays Occidentaux, … Ça me donne la nausée donc j’arrête un instant pour reprendre un peu plus tard.

 

– Point positif, je me suis familiarisé avec les enfants avant de commencer à les encadrer demain.
– Point Négatif, j’avais oublié de retirer mes seuls cookies de mon sac, résultat … ils sont en miettes 

 

CHAPITRE 6. Etre professeur

Là il faut les captiver! Au début je ne comprends pas, la plupart ont des morceaux de bois dans la bouche et ils le mâchouillent, j’ai finalement compris que c’était pour se laver les dents ! Pas bête il faut dire, la brosse à dent naturelle à 20 Francs CFA! Je commence le cours par ce qu’on avait fait hier, histoire de voir s’ils ont retenu ! Les tables de multiplication ! Et bien non … rien retenu, échec total veuillez insérer une nouvelle pièce … Mais je persiste ! J’avais écrit en prévention toutes les tables au tableau pour les « chanter » avec eux en leur demandant les réponses ! Ça a été jusqu’à la 5 … après c’était le K.O. total … mais on a continué en leur promettant un tour de Magie avec la table de 9! Bon la barrière de la langue est un réel problème … donc pour expliquer ça, je prends 10 minutes !

Table de 9 –> Commencer en haut à partir de 9×1 en descendant jusqu’à 9×10. Le premier: écrire 0. Le deuxième 1, le troisième 2, …
Ensuite remonter dans l’autre sens à partir de 9×10 jusque 9×1 avec le même procédé (d’abord 0 puis 1 ensuite 2, …). Et Bim, tour de magie super simple pour apprendre la table de 9 !

9×1= 0 9
9×2= 1 8
9X3= 2 7
9×4= 3 6
9×5= 4 5
9×6= 5 4
9X7= 6 3
9×8= 7 2
9×9= 8 1
9×10= 9 0

Bref, tour de magie passé, les gamins étaient contents et on finit par la table de 10 (expliquer qu’il suffit de prendre les derniers nombre de chaque table pour remplir … j’ai dû utiliser bien des méthodes).

Après la récrée, on passe à du français! J’avais au préalable cherché des mots en WOLOF pour les écrire et donner la traduction en français ensuite! Je commence avec  » Salamalekum », ils comprennent direct ! Je passe à « Nanga Def » qui veut dire « comment ça va?  » et ils persistent à me répondre « bonsoir » … je continue avec le reste mais l’expérience est un échec total et je perds leur concentration, donc innovation de dernière minute … arrêter de parler pour avoir le silence (je trouvais mes professeurs débiles quand ils faisaient ça avant … mais en vrai, ça marche!). Je propose du dessin! Donc là, ils sont tout content mais j’impose une condition, écrire le nom du dessin en français au-dessus. 

Donc je dessine un garçon, une fille, un arbre, une maison, une souris, un crayon, une école, … et le calme revient et ils s’appliquent plus ou moins!
La journée se finit et comme toutes les autres … ça va juste être ça donc assez complexe si je n’innove pas, car deux mois ainsi, ce n’est juste pas faisable surtout que la plupart du temps, voir tout le temps, je suis seul!En fin d’après-midi, Malik arrive avec du thé, il comptait s’en faire que pour lui mais finit par m’en proposer. Il me montre comment en faire, je raconte des anecdotes marrantes sur mon frère qui a fait boire du thé à la menthe (avec de la pisse de chien dessus) à mon père! Et ça se passe et la journée se termine ainsi!

Demain, Fana Hôtel aux Almadie pour un peu de détente car mine de rien (mine de crayon), il en faut car ce n’est pas si facile que ça y parait au jour le jour. Et pour visiter en même temps ces coins-là, rajouter mes photos au Blog, voir s’il est possible de surfer, …

 

CHAPITRE 7. Aventure en solo

Aujourd’hui, encore une mauvaise nuit mais ça risque d’être mon quotidien. Il faut que je me prépare donc rituel galère de la toilette et direction « l’épicerie » pour faire de la monnaie. Arriver là-bas, il me donne mon morceau de pain et je prends 4 paquets de cigarettes préventifs, à 1 euro le paquet ce n’est pas bien grave financièrement. 

Je retourne chez moi, prépare mes affaires, préviens tout le monde que je m’en vais et je suis partis. Sur le chemin, j’arrête les taxis ou ils s’arrêtent d’eux-mêmes mais la négociation n’est pas simple donc je marche presque un kilomètre avant d’en trouver un. Entre temps, je me fais emmerder par des mecs pour savoir ce qu’il y a dans mon sac, ils sont un peu agressifs donc je sors ma fidèle lame pour les éloigner un instant, et ça fonctionne. 

Je finis par trouver un taximan et je négocie mon aller jusqu’au Almadie pour 4000 Francs, il ne parle que anglais car il vient de Gambie à priori. Il me demande si je veux passer par l’autoroute, pas de soucis, à priori ça va plus vite mais il me demande 1000 Francs en plus, donc skills de négociation, je lui dis que ça ne vaut pas autant, skills upgrade! Mais je me fais quand même avoir car il prend l’autoroute et ressort au bout de deux minutes car il faut prendre la route de l’aéroport et non l’autoroute, échec total veuillez redémarrer en mode sans échec…

J’arrive à l’hôtel et je dois patienter le temps que ma chambre soit prête, je discute avec le personnel, on m’explique l’histoire de l’établissement, des employés, … Ma chambre est prête, je règle la modique somme de 58 euros et rentre dedans! La climatisation était juste agréable ! J’en ai profité pour prendre une longue douche chaude, je ne critiquerais plus jamais les gens de Koh Lanta quand ils jouissent grâce à une bonne douche, ça faisait énormément de bien! Je m’installe, fais ce que j’ai à faire avec le WIFI et il est l’heure d’aller manger! Je prends le moins cher, un carbonara avec une petite bouteille d’eau! Un employé français mais qui a quitté le pays depuis fort longtemps m’explique sa vie et ce qu’il y a à faire dans le coin, l’île de Ngor ! Donc repas fini, je rentre pour me préparer et me met en chemin avec mon appareil photo, un jeans+baskets, une gourde!

Je l’avoue je me perds légèrement et une fois n’est pas coutume, je me retrouve à nouveau dans un bidonville! Je finis par trouver mon chemin et arrivé sur la plage, on m’aborde directement pour me faire faire un tour touristique. J’explique que je n’en veux pas, la personne se vexe et s’énerve donc je le calme (car ça commence déjà à me gaver ces sautes d’humeurs). Je prends mon ticket pour la pirogue et la traversée de 3 minutes commence !

Quand vous arrivez sur la plage de Ngor, repérez vous avec les personnes qui ont des gilets de sauvetages, cela veut dire qu’il s’agit d’une attraction qui respecte toutes les normes de sécurités. La traversée aller-retour coûte 10 francs et vous avez jusqu’à 20h pour revenir sur l’île qui doit faire en tout 400 m de long en large.   

J’arrive sur l’île, je retrousse mon pantalon, remet mes chaussures en virant les chaussettes et je commence mon tour de l’île. C’est mignon mais comme partout ce n’est pas fini. 

Au bout de 1h30, je décide de prendre un verre de coca dans un petit bar et de là je repars pour finir mon tour. On m’aborde sur la plage et là je me rends compte que si je veux qu’ils ne m’embêtent pas trop à vouloir me vendre tout et n’importe quoi, je case rapidement que je fais de l’humanitaire à Pikine et comme ça ils sont reconnaissants! Je ne dis pas mon vrai prénom pour pas qu’ils le crient partout dès que je passe. Donc, ce mec me parle de son bar et que juste derrière il y a la maison de Claude François et qu’il est souvent là,… je ne veux pas le vexer en lui disant qu »il est mort mais il enchaîne sur France Galle et cette information semble véridique. Je continue mon chemin et tombe sur « le chemin des amoureux » qui débouche sur une impasse, donc demi-tour.

Et en me posant sur un grand point de vue, je vois, DES SURFEURS! Bonheur total, donc je me mets à chercher l’école ou le surf camp que je finis par trouver, malheur il est fermé ! Je bois un dernier verre en attendant la pirogue de retour et rentre à l’hôtel. Je vais mettre 1h au lieu de 15 minutes à rentrer car je vais me perdre dans tous les sens.

En rentrant, une nouvelle douche et repas (Bolonaise ce soir avec un coca et une grande bouteille d’eau). Mais très vite le temps se gâte et orage et pluie diluviennes s’en viennent. Grosse galère pour les employés et mini inondation un peu partout! Je rentre dans ma chambre, discute avec quelques amis, télécharge mes photos (désolé ça prend trop de temps, elles n’y seront pas toutes).
Donc vous l’aurez compris, c’était un Week-end de « détente » car le choc Africain reste ce qu’il est, rude! Je vais essayer de tenir au maximum dans l’association et je dois prendre une décision avec ma professeur vendredi mais rien n’est sur encore! À suivre au prochain épisode.

CHAPITRE 8. Être professeur - Try again

Nuit très compliquée à cause d’un baptême qui a duré jusque minuit voire une heure du matin, je ne suis pas sûr. Au pire, ce n’est pas bien grave mais entendre des chants coraniques pendant des heures + les grenouilles du quartier (des animaux pas les enfants), c’était très compliqué de passer une bonne nuit de sommeil ! Donc réveil habituel par la prise des divers médicaments devant me garder en vie, même si mon mal de crâne depuis mes vaccins n’est jamais passé !

 

Je vous présente le professeur le plus sérieux de la terre … Préparant son cours du matin dans la joie et la tête dans le … brouillard !

 

Lorsque je sors, Malik est là, donc on discute un peu mais sans plus, il ne faut pas trop en demander le matin mais il m’annonce qu’il ne sera pas du tout là aujourd’hui … Super, sachant qu’il y a de plus en plus d’enfants! (c’est de l’ironie bien sûr). 

Donc je prépare mes cours au tableau, pour les plus petits, des dessins sur les aliments à apprendre en français avec le mot à chercher au-dessus de chacun. Pour les grands des phrases de français avec des fautes d’orthographes à chercher dedans! Un des élèves qui va passer en sixième me dit qu’il préfère faire des « finissions », je ne comprends pas vraiment ce que c’est et si c’est ce que je pense, c’est un sacré pervers pour son âge. Mais à priori il s’agit de mathématique ! Donc je lui explique que si’l ne fait aucune erreur, on fera des maths tout de suite…. ce fut un échec mais c’était bien essayé. La première heure se passe bien, une ancienne bénévole de mon école en vient même à me contacter, donc je lui explique ce qu’il se passe ici et lui demande conseil. 

La deuxième heure, je fais des calcules avec les grands et des dessins d’animaux avec les petits, au moins ils sont calmes, … normalement ! Ils me demandent avec qui je parlais et j’ai évoqué le prénom de l’ancienne bénévole … le chaos, je ne peux l’expliquer que comme ça, je n’ai plus le contrôle sur aucun enfant! Donc j’abandonne doucement et continue d’aider ceux qui veulent travailler. L’élève du début semble dépité car il n’a réussi aucun exercice alors pour lui remonter le moral, je lui donne quelque chose qui semble complexe mais qui est très simple : (12 + 4) x (10 x 1000).


J’ai préparé mes cours du soir pour les élèves de CM, pour dégraisser un peu la classe car trente gamins qui courent dans tous les sens … j’ai des envies d’empaler! Donc ce soir, ça sera des mathématiques et je vais leur donner des exercices sur le calcules des aires !

CHAPITRE 9. La réflexion

Aujourd’hui est un jour comme tellement d’autres, mais il commence mal ! Un réveil en sursaut car le camion poubelle (je me demande ce qu’il ramasse des fois) a fait son demi-tour dans le mur de ma chambre ! Mais bon, passons, il faut que je prépare mes cours de la journée et que je me lave, il serait temps car ce n’est pas le rat de ma chambre qui sent mauvais … mais moi !

Donc, comme à mon habitude, j’ai séparé les classes en deux parties et je prends le groupe des petits en premier! Je pensais que ça serait les plus simples à gérer … grosse erreur, ils ne comprennent rien à rien et je me demande si je ne suis pas là pour tenir une garderie plutôt que pour donner des cours… dans les deux cas, sans supervisions WOLOF avec eux, je ne peux pas me faire comprendre! Les heures passent et j’avoue que je me suis un poil énervé en virant dehors, ceux qui ne voulaient rien faire … sans m’en rendre compte, j’avais foutu tout le monde hors de la classe ! (Attention je précise que c’était un conseil des mamas du quartier). 

La journée passe, j’essaye de me calmer mais en vain donc je prépare mon cours de 17h, qui ne durera qu’une heure car Massamba passe pour qu’on aille faire un tour du quartier. Comme je suis quelqu’un de plutôt sympa j’ai proposé à deux filles du matin de passer le soir! Noooon, en vrai elles ne me lâchaient tellement pas que j’ai cédé et accepté qu’elles viennent, allez savoir pourquoi puisqu’elles ne foutent rien ! D’ailleurs elles préféraient passer le balai plutôt que travailler, donc Malik qui est passé à la fin de la journée a dit qu’elles devaient tout nettoyer.

Dakar

 

Le gros problème en Afrique vient de l’éducation, dans ce cas présent dans les parties pauvres. Les enfants sont éduqués par la violence donc trouvent cela totalement normal de se frapper pour résoudre un problème au lieu de parler, mais pire encore, les enfants préfèrent utiliser un signe de « mendiant » pour tout et n’importe quoi.

En soit, on peut se dire que ce sont juste des enfants, mais à force si ce geste perdure, ils finiront juste comme les certains adultes, à attendre qu’on les aide sans pour autant essayer de se sortir de là. Il s’agit d’éducation et de force d’esprit, et tout le monde n’a pas la même …

Attention, je ne dis pas qu’ils sont tous comme ça et notre histoire commune à plus que jouer à mettre leur pays dans de tels états.

Donc les derniers enfants de la journée passent et je leur ai préparés un cours d’anglais! En effet, ces derniers me le réclament depuis quelques jours, alors ABRAKA machin, ils en ont un! Il s’agit d’anglais d’introduction qui peut être utile dans l’immédiat, avec les phrases de bases comme bonjour et au revoir.

Petite astuce pour apprendre « je » en anglais aux enfants. La plupart du temps, il disent « hi », donc pour une plus grande compréhension, pincer l’enfant pour produise le son « Aie ».

Le cours se termine donc plutôt par la dernière dictée de la semaine, je note beaucoup d’amélioration chez certains d’entre eux, le reste arrive à reculer.
Massamba arrive et nous partons faire un petit tour du quartier, pour m’expliquer comment il a été créé, où il commence et où il finit.

Guinaw Rail Nord est un quartier de la ville de Pikine, qui est elle même une ville de banlieue de Dakar. Il y trente ans, cette ville n’existait pas, mais l’exode rural avec le développement des grandes villes a poussés les habitants des villages à acheter des terrains à petits prix et s’y installer n’importe comment, sans réelles supervision ! voic, comment se créer un bidon ville. 

Le soir, après avoir fini de manger, Massamba finit par m’inviter à prendre le thé! Un rituel quotidien qui passe plutôt bien, même si je m’arrache la gorge a essayé de boire le breuvage aussi vite qu’eux. Lorsque j’arrive, ils sont en train de manger, donc je prends l’initiative de ne pas les regarder trop longtemps en feintant d’aller fumer une cigarette dehors.

Dakar

 

Les familles préfèrent manger par terre et dans un même plat. Certaines d’entre elles préfèrent même manger sans couverts, non par choix mais par habitude car ils n’avaient pas d’argents pour en acheter fut une époque.

Quelques règles à respecter : Bonjour et toutes actions doit-être faite de la main droite. A priori, on devrait dire qu’il s’agit, d’un signe religieux mais ici c’est comme une marque de respect qui n’a rien à voir avec l’Islam. Comme pour se dire bonjour, Salamalekum, puis on demande « ça va » trois fois et puis c’est de savoir comment va la famille « la famille va bien ». C’est sur que cela change radicalement du « salut ça va » dont tout le monde s’en fout!

Deuxième règle: On salut l’homme avant la femme. La femme reste à la maison, fait son petit commerce si elle veut et s’occupe de la maison et des enfants. Lorsqu’il y a des invités, elle fait le thé, bois le thé après les hommes et si on mange des mangues, elle mange ce qu’il reste!

CHAPITRE 10. Soirée chez Malik

Aujourd’hui comme la journée a brillé par sa simplicité, je ne parlerais surtout que de la soirée que je viens de passer chez Malik. D’habitude le thé se passe chez Massamba mais cette fois-ci c’était chez mon camarade car il voulait me présenter sa famille et sa maison et bien sûr me montrer l’hospitalité sénégalaise qui est très importante.

Pour aller chez lui je dois traverser une route assez proche de l’école, cette dernière donne la délimitation entre Guinaw Rail Nord et Sud, il habite donc dans la partie Sud. Malgré les lampadaires, les ruelles sont extrêmement sombres et on ne voit pas grand-chose, j’évite toujours de prendre du matériel qui coûte cher lorsque je sors la nuit car cela reste une banlieue assez « chaude ». 

J’arrive chez Malik, à l’entrée sur le côté droit, nous trouvons les toilettes, la douche et le lavabo dans un petit cabanon extérieur. Ensuite la cuisine dans un petit couloir étroit. Il s’en suit une grande cour intérieure sans toiture, ici de droite à gauche, nous retrouvons trois chambres avec la « salle à manger » supposée devant la première des chambre (il s’agit de celle de Malik et sa femme ». En face de ces dernières, le salon où il y a beaucoup de canapés, mais malgré cela, les gens restent dehors sur des chaises en plastiques ou des paillasses.

Dakar

Nous commençons à entamer le rituel du thé, sa préparation et les divers dégustations (le premier thé étant très fort, avec les différentes tournées, il devient plus doux et agréables au palais). Nous regardons la télé et une émission de musique qui s’appelle « Music Explorer » sur TV5monde. Je ne connais pas cette émission française dont le principe est de visiter beaucoup de pays dans le monde pour écouter et ensuite recruter des chanteurs dans une émission qui se déroulera à Paris. Mais le plus important de ce que je retiens dans cette visite chez mon compère est, l’environnement. Il n’y a pas grand-chose mais ce qu’il y a dans toutes les pièces, ce sont des télés (comme chez Massamba). 

Au début, on se demande pourquoi, surtout que la plupart du temps, ce ne sont pas des vieilles télévisions cathodiques mais bien des écrans plats. Et après réflexion, je me dis qu’il vaut mieux avoir une télévision qu’un bon lit. Je m’explique, le bon lit permettra de passer des bonnes nuits mais laissera son occupant dans cet environnement de pauvreté et de bidon ville, alors que la télévision permet de voyager et de s’évader de cet endroit. Je comprends pourquoi Malik passe autant de temps devant, car son rêve est de pouvoir voyager et découvrir des pays! 

J’espère sincèrement qu’il y arrivera, même si cela sera on ne peut plus compliqué du fait de sa situation actuelle. Il a voulu faire des études de droit, mais a dû arrêter par manque d’argent, il a ensuite fait une formation d’enseignant pour être professeur à Waranka car cela reste proche de chez lui. J’ai très envie de monter une association pour aider les personnes qui sont dans son cas à reprendre les études, car pour eux, il s’agit d’un mois de salaire pour se loger, payer l’école, se nourrir. Alors que pour nous, ce n’est rien et il suffirait d’un petit coup de pouce pour que ses rêves deviennent réalités.

CHAPITRE 11. L'île de Gorée

Après un premier mois qui passe doucement, direction Gorée. Problème absolu, je n’ai presque pas dormi de la nuit, entre le bordel habituel et des gosses qui toquent à ma fenêtre de chambre pour demander de l’argent …

Donc je me mets en route, la tête royalement au Sud et je peine à trouver un taxi, il est 8h30 et ça semble mort, en parlant à certaines personnes je soupçonne même une épidémie de zombie ! Je finis par en trouver un qui comme toujours ne parle pas un mot de Français, mais l’argent n’a pas besoin de langue. J’arrive à l’embarcadère et il faut que je patiente une heure de temps, du coup, un marocain vient engager la conversation ce qui est pratique ! 

J’arrive finalement sur l’île, entre temps un « natif » m’a abordé pour me faire visiter l’île et tout ce qui va avec, je lui laisse croire que oui mais non.

dakar

ASTUCES

– Ne jamais écouter les personnes qui n’ont pas de badges officiels de guides touristiques, déjà vous allez payer une fortune, ils vont vous emmener dans des endroits spécifiques pour que les copains vous arnaques à leurs tours, …

 Et le pire, ils vont vous raconter des conneries monumentales !

Je me dirige vers mon hôtel et je dois attendre une heure pour que ma chambre soit prête. Entre temps un véritable guide m’aborde, il faut savoir qu’en fonction des régions ils sont payés par l’état ou non. Ma chambre est prête mais le mec veut me mettre dans une chambre inférieure, je sens l’enroule venir donc je négocie la gamme au-dessus et au même prix que ce que j’ai payé !

Je pars me balader ensuite dans l’île, cela se fait très rapidement, les plages sont noires de monde, littéralement. On se fait harponner par toutes les vendeuses du village lorsque l’on monte la crête pour voir le monument de Gorée-Almadie. La mosquée et l’église sont fermées (oui les lieux de cultes ont des horaires ici aussi, ça me dépassera toujours cette histoire).

Je finis par me restaurer mais comme d’habitude, pas moyen de faire une bouchée sans que l’on veuille nous vendre quelque chose, à la fin ça devient très saoulant. 14h 25, je me dirige vers « la maison des esclaves » pour faire une visite de musée historique quand même. J’y suis pour 14h30, mais les explications du véritable guide ne commencent que à 15h10 (parce que oui le mec qui vous fait le tour de l’île en se disant natif, essaye de faire style qu’il connaît ce musée aussi, mais non toujours pas). En attendant, je prends les devants et je photographie tout ce qu’il y a à photographier !

Dakar

 

L’esclavagisme sur l’île de Gorée à durée près de 300 ans. C’était un point important car située au bout de l’Afrique de l’Ouest et sur une île pour que les esclaves ne puissent pas s’échappés. 

Les malades étaient jetés à la mer et cela à fini par attirer les requins, donc s’enfuir à la nage n’était pas possible. Il y eu environs 20 millions d’esclaves qui partirent de l’île de Gorée et 6 millions sont morts ici. Le musée est le dernier camp car il en existait 6. 

Dans ce musée, vous pourrez voir la porte « sans retour » par où passait les esclaves en direction des Amériques. Lorsqu’il passait cette porte, ils savaient que plus jamais ils ne reverraient l’Afrique.

 

 

Les esclaves étaient échangés contre des valeurs marchandes en fonction de leurs capacités. Il fallait des hommes forts, des enfants petits et des femmes vierges ou belles pour procréer avec. 

Une femme qui enfantait d’un colon pouvait avoir une belle vie. Car abuser d’une esclave était un droit pour les Européens. Les noms de ces familles ont totalement disparus car une fois vendus à leur maître, ils prenaient le nom de ce dernier.

 Les familles étaient souvent séparées et on prenait les mâles les plus robustes pour la reproduction.

Dakar
Dakar

 

Si les Européens ont commencés à importer des esclaves c’était après la découverte des Amériques.

 L’île est donc divisée en trois parties architecturales. Représentant ainsi, les Français, Portugais et Espagnol. Bien que ces derniers aient commencés dans les années 1500, les arabes ont fait du commerce d’esclaves à partir du 7ème siècles en direction de l’océan indien et des Indes.

 Les arabes castraient les hommes pour ne pas qu’ils puissent se reproduire et pour que les femmes Africaines esclaves ne soient que pour eux, par pure jalousie. Leurs commerces d’esclaves a alimenté des îles comme Maurice ou même La Réunion.

 


Une exposition sur Robben Islans a lieu en permanence depuis des années dans la maison des esclaves car le combat de Mandela et de ses camarades a imposé le respect. 

Ce dernier est d’ailleurs venu en 1991 et a défié les autorités en se plaçant dans les prisons des récalcitrants et en est ressortit en larmes.

Ce musée terminé, je me suis posé à une terrasse pour boire un dernier avant de m’écrouler dans ma chambre d’hôtel.

Dakar
Dakar

 

2 200 tonnes d’ordures y sont quotidiennement débarquées ce qui a pour conséquence des mouvements de foule systématique. Visages masqués ou couverts d’un tissu, vêtements sombres et déchirés, les « boudiouman », « récupérateurs » en wolof, tirent leur gagne-pain de la récolte et du tri des déchets. 

Canettes, pneus, fils de cuivre, flacons de verre, bouteilles de verres, draperies, vêtements… Ils se saisissent de tout ce qui peut se revendre.

Le marché de Waranka, en plus d’être pour les particuliers comme une grande brocante, permet aux commerçants avec un établissement fixe de se réapprovisionner.

Conclusion

Je ne vais pas dire que cette mission a été simple, c’était dur et ce, plus que je le pensais. Ce genre d’expérience nous fait prendre conscience de ce que nous avons et surtout de ce don nous n’avons pas besoin.  J’ai appris beaucoup de choses sur l’humain et surtout sur moi même!
J’encourage tout le monde à œuvrer pour des associations tels que Waranka G.r. car il n’est pas normal que le niveau de vie ne soit pas équitable dans le monde pour des questions d’égaux et d’argents. Si vivre à leur côté et les aider vous intéresse, n’hésitez pas à me contacter via l’email :

autourdunmonde24@gmail.com

Pour terminer, voici quelques photos dans le désordre mais avec des explications concernant tous les sujets que je n’ai pas évoqués. Enjoy !

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