RENDEZ-VOUS EN TERRE VOLCANIQUE

Aujourd’hui, nous avons rendez-vous, dans l’océan indien, sur les pentes d’un des volcans les plus actifs au monde. Il partage cette réputation avec le Stromboli, l’Etna, en Italie et le Kilauea à Hawaï.  En route pour le Piton de la Fournaise.

LE PITON DE LA FOURNAISE, que tout réunionnais appelle le Volcan, est un peu le cœur de La Réunion qui bat au rythme de ses éruptions et ne laisse pas sans émotion les personnes qui les découvrent. C’est également l’un des volcans les plus accessibles puisqu’on peut descendre au cœur même de l’enclos.

Situé dans la zone classée au Patrimoine mondial par l’UNESCO, il est âgé d’environ 530 000 ans et culmine à 2631 mètres au Sud-Est de l’île formant avec le Piton des Neiges (3071 mètres) le massif volcanique de l’île.

Chaque éruption est un véritable spectacle de feu. Fierté des réunionnais, la population vient toujours très nombreuse pour admirer le spectacle.

Volcan rouge, de type effusif (dit « rouge » ou « basaltique »), ses coulées de lave sont plutôt lentes et fluides. Elles se produisent à l’intérieur de l’enclos et sur les pentes vierges du Sud-Est. Il n’y a pas de réel danger pour la population car, la plupart des récentes éruptions se sont limitées à l’Enclos Fouqué, à l’exception de quelques coulées hors Enclos.

 

 

 

Pour information, un volcan de type effusif est beaucoup moins dangereux que les volcans de type explosif (dit « gris » ou « andésitique ») qui produisent des projections de roches et de cendres incandescentes et qui dégagent des gaz dangereux.

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En 1977, la lave a traversé le village de Sainte-Rose et a encerclé l’église Notre Dame des Laves

 

En 1986, au Tremblet, deux coulées de lave ont coupé la RN2 et ont détruit quelques habitations. L’avancée dans l’océan Indien au niveau de la pointe de la Table a gagné sur l’eau 45 hectares de nouvelles terres.

En 1998, une petite éruption, hors enclos, a eu lieu dans les hauts de Bois Blanc. La RN2 est coupée en deux endroits et la Vierge au parasol est déplacée hors de l’Enclos, son ancien site étant détruit par la lave. Elle a maintenant trouvé sa place définitive dans l’église.

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Depuis 1977, La Fournaise est étroitement surveillée par l’Observatoire Volcanologique de la Réunion qui se trouve à la Plaine des Cafres et, dont le personnel passionné assure la surveillance et, permet de prévoir les éruptions de manières précise. Il reste l’un des volcans les plus actifs du monde, avec en moyenne, une éruption tous les 9 mois sur les 10 dernières années. 

En route pour le volcan

Pour se rendre au Piton de la Fournaise en voiture, depuis la route des plaines, à Bourg-Murat (laisser la Cité du Volcan sur la gauche), il faut suivre la direction du Volcan qui est très bien indiquée.

De la Route Forestière, c’est parti pour plus de 20 kilomètres de paysages complètements différents. Il ne faut pas hésiter à faire plusieurs arrêts pour admirer les panoramas magiques sur les environs et les vues au-dessus des nuages.

Nous avons droit à des paysages très différents qui débutent par des paysages qui rappellent ceux des Alpes ou de la Normandie, puis traversent une forêt de cryptomerias. Au PK 12, arrêt incontournable au Nez de Bœuf (2136 m) d’où, on découvre une vue magnifique sur la Rivière des Remparts qui s’écoule du Nord au Sud en direction de Saint-Joseph. Par beau temps, on peut apercevoir l’îlet de Roche-Plate qui est toujours habité.

On remarque que la route est rouge. A partir du Nez de Bœuf, l’enrobé a été coloré à l’oxyde de fer rouge afin de s’intégrer au paysage environnant et donc accentuer ce côté lunaire.

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Le cratère commerçon

Après quelques kilomètres, sur la droite, il ne faut pas rater la pancarte, le Cratère Commerson (PK 19) (2200 m), du nom du premier explorateur du Massif de la Fournaise.  La marche est courte jusqu’au belvédère qui domine le cratère de 265 m de profondeur.

La plaine des sables

On reprend la voiture et au détour d’un virage, le paysage change brutalement, on se croirait maintenant sur la lune.

La Plaine des Sables est un de mes endroits préférés à La Réunion. Des souvenirs inoubliables de ces heures à marcher dans la Plaine ou de ces nuits à la belle étoile.

La roche et le sable volcanique prennent des teintes changeantes au gré de la lumière solaire. Parfois balayée par des bancs de brume ou noyée sous les trombes d’eau, elle offre toujours un spectacle sans cesse renouvelé.

L’éruption du Piton Chisny est à l’origine de son aspect lunaire.

La Plaine des Sables occupe une surface proche de 600 ha, en considérant les limites suivantes :

° au nord : rempart de la Savane Cimetière

° à l’ouest : rempart des Sables

° au sud : le cassé donnant naissance à la rivière Langevin

° à l’est : la Route Forestière du Volcan

La Plaine des Sables est la dernière étape avant d’atteindre le Pas de Bellecombe, point de départ des randonnées jusqu’au cratère du Piton de la Fournaise.

Le pas de Bellecombe vers l'enclos Fouque

Après la traversée de la Plaine des Sables, le Pas de Bellecombe est tout proche. Le parking se trouve juste à côté du belvédère d’où la vue est imprenable sur le Volcan.

Le Pas de Bellecombe est la seule porte d’entrée vers l’enclos. La caldeira de l’enclos Fouqué fait neuf kilomètres de large sur treize kilomètres de long et s’étend jusqu’au littoral de l’Océan Indien. Assez plate dans sa partie haute, elle devient très pentue dans les Grandes Pentes puis laisse place au Grand Brûlé (voir l’article sur la route des laves) et enfin, se prolonge doucement jusqu’au rivage, tout en étant traversé par la RN 2. Sur chacun de ses cotés, la caldeira est délimitée par des remparts de cent à quatre cents mètres de hauteur.

La randonnée jusqu’au Dolomieu est considérée comme « moyennement » difficile et dure 5 h 30 aller-retour, mais elle vaut le coup. Ne pas voir le Piton de La Fournaise quand on vient à La Réunion reviendrait à ne pas voir l’océan ou la mer quand on est sur une île.

Depuis le parking, il faut se diriger vers le belvédère et partir à gauche sur la piste caillouteuse qui descend vers le portail métallique qui donne accès à l’enclos. De là, on emprunte un sentier / escalier naturel le long d’une pente raide de 100 mètres le long du rempart jusqu’à l’enclos Fouqué.

La seule grosse difficulté de cette randonnée est le retour car, remonter cet escalier casse les jambes après les 5h A/R d’ascension.

En bas de l’escalier, à une centaine de mètres, se dresse le Formica Léo (2202 m), le plus important des nombreux cônes d’éjection de l’enclos. Ce cratère d’une vingtaine de mètres de hauteur s’est formé lors de l’éruption de 1753.

La couleur rouge-orangée des scories ont acquis cette couleur par oxydation du fer contenu dans le magma au-delà de 600°C. Ailleurs, la couleur gris-rouge indique que l’oxydation n’a été que partielle. En absence d’oxydation, les scories sont noires.

En bas, trois directions se présentent aux alentours du Formica Leo : tout droit vers la Fournaise (Dolimieu), à droite vers les Cratères Rivals et le Château Fort et à gauche vers le Piton de Partage et le Kapor.

Si on décide de ne pas descendre dans l’Enclos, au lieu de descendre à la porte de l’enclos, il faut continuer tout droit jusqu’au Piton Partage, au pied de l’antenne.

De là, on découvre une superbe vue panoramique sur La Fournaise et divers cônes d’éjection jusqu’à l’océan indien. Pour les plus courageux, il est possible de continuer jusqu’au Nez Coupé de Sainte Rose qu’on atteint après une moyenne ascension pénible. Sur le plateau, en l’absence de nuage, on peut voir loin vers l’océan indien, le Piton des Neiges…

Vers la Fournaise

Emprunter le sentier du Rempart, ses… 580 marches et, sa barrière qui descend le long de la paroi. Fermé par une porte en cas d’éruption ou de menace, l’enclos du volcan est accessible en 15 ou 20 minutes. Balisée au sol par des points peints en blanc (utiles pour l’orientation en cas de brume soudaine), la piste court dans la plaine des Osmondes. Après plusieurs centaines de mètres sur un sol plat mais accidenté, elle longe le Formica Léo, un cône volcanique âgé de quelques siècles, puis se dirige vers la Chapelle de Rosemont, un édifice d’une dizaine de mètres de haut, au pied des pentes du cratère du volcan.

A environ 4.5 kilomètres du Pas de Bellecombe, on arrive à ce qui reste du trou de la Soufrière qui est une cheminée volcanique de couleur jaunâtre due au souffre en partie effondrée suite à l’éruption de 2007.

Le sommet du Dolomieu n’est alors plus très loin et le sentier continue en faux plat. Arrivé au bord du cratère, une plate forme d’observation est délimitée par une marque blanche qu’on ne doit pas franchir à cause des risques d’éboulement. Devant nous, on admire le gouffre béant de 300 mètres de profondeur planté au milieu d’un décor minéral de toute beauté.

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Vers le cratère Faujas

 

Il va falloir marcher sur de la lave cordée plutôt plane et facile à parcourir. Au départ du Formica Léo, prendre le sentier qui part vers la gauche (Est) parallèle aux parois de l’enclos. Le terrain change rapidement et les coulées de lave sont plus récentes.

 Les grattons font leur apparition. Il faut faire attention où on pose les mains et les pieds car, les roches sont très coupantes.

On s’approche du cratère Faujas qui s’est formé lors d’une éruption de 2015.

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On peut le voir aussi du Piton Partage.

Randonnées volcaniques

Randonner sur les cratères nécessite un minimum de vigilance et de précautions à prendre. Cette randonnée est accessible à tous mais, elle peut être considérée comme difficile pour une personne qui ne marche pas beaucoup.

Avant de partir, il est important de s’informer de la météo sur le site http://www.meteofrance.re. En effet, quand il fait beau au Volcan, c’est génial, mais quand il pleut, le brouillard s’épaissit très vite et, lors des randonnées on risque de passer à côté sans voir les balises blanches inscrites dans la roche volcanique et de tourner en rond!

AVANT DE PARTIR

La check-list des choses à ne pas oublier si on envisage de randonner au volcan.

Se munir :

° Eau (pour le Dolomieu, j’ai bu 5 litres pour l’aller/retour)

° Un pique-nique

° Une paire de chaussures de randonnée (montantes de préférence) ou à défaut une paire de baskets crantées

° Une casquette car nous n’avons aucun moyen de nous abriter du soleil sur le volcan

° Des lunettes de soleil

° Un tube de crème solaire indice 50+ indispensable toute l’année pour ne pas redescendre rouge comme une écrevisse

° Des vêtements pour se protéger du soleil ou de la pluie. A 2600 m d’altitude, le temps change vite, le soleil frappe dur et le brouillard même passager peut être glacial

° Une trousse de premiers secours

° une polaire chaude

Si vous avez la chance d’aller sur le Piton de La Fournaise, je vous souhaite de prendre autant de plaisir que j’en ai eu dans cet endroit d’exception.

Valérie ANGOT

 

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